Mon parcours

Le choix de devenir sage-femme a été une évidence dès mes 15 ans, après avoir rencontré une sage-femme passionnée par sa profession, alors que je pensais faire des études de médecine pour être pédiatre. Aînée de 5 enfants, je me suis très tôt sentie portée par un sentiment de responsabilité et j'ai aimé être présente pour mes frère et sœurs, mes neveux et enfants dont je m'occupais pendant les vacances. Le métier de sage-femme m'a permis de m'orienter vers l'accompagnement, la recherche de la santé, plutôt que le traitement des maladies, la prévention et la parentalité qui m'anime depuis toujours.

Je me suis engagée dans une formation d'acupuncture dès ma première année de formation de sage-femme, pour le confort que l'acupuncture apporte aux femmes et le soutien du lien affectif avec l'enfant. J'ai ensuite participé à la reconnaissance de l'acupuncture pour les sages-femmes en France, dans le cadre de commissions au ministère de la santé.

Devenir maman a été un immense bonheur pour moi et une grande source de questionnements et de remises en questions pour accompagner au mieux mes trois enfants à grandir.

J'exerce mon métier de sage-femme avec engagement et bonheur. J'avais à cœur, lorsque j'accompagnais les naissances, de soutenir la femme dans l'accueil de son enfant, avec la participation du père, de l'encourager, de la soulager lorsque c'était nécessaire, alors que la péridurale n'existait pas en salle de naissance.

La passivité et le manque de préparation de nombreuses femmes pour cet événement essentiel de la naissance m'ont fait m'engager davantage dans la préparation à la naissance et à la parentalité.

J'ai suivi des patientes alitées à leur domicile, du fait d'une grossesse pathologique, et c'était une victoire pour moi d'éviter l'hospitalisation d'une femme, en soutenant la confiance et le lien avec son l'enfant, alors que sa venue occasionnait tant d'inquiétudes.

La préparation à la naissance et l'accompagnement à la parentalité sont des axes essentiels de mon travail. J'accompagne également des femmes, à tous les âges de la vie, pour retrouver une santé périnéale et/ou sexuelle.

Très tôt attirée par l'haptonomie et l'importance donnée à l'enfant, j'ai découvert le rôle que pouvait jouer le père ou la compagne dès la grossesse. Accompagner les couples et les enfants, plusieurs années après leurs naissance, est une grande aventure humaine et j'ai aussi eu la joie de partager avec nombre d'entre eux le chemin de la présence pour plusieurs enfants.

Je me suis également formée en haptopédagogie en en haptosynésie.

L'haptonomie

L'accompagnement à la parentalité en haptonomie permet aux parents de tisser une relation intime et profonde, par le tact, avec leur(s) enfant(s) dès le début de la grossesse.

Pendant notre vie intra-utérine, nous percevions le monde au de-là de notre mère grâce à notre peau. L’accompagnement en haptonomie permet aux deux parents de retrouver et de développer cette capacité oubliée depuis notre naissance, pour renforcer la sécurité affective de chacun.

Il permet à la femme de vivre sa grossesse avec plus de confort, grâce au père ou à la compagne, et de préparer la naissance en confiance.

Le père (ou la compagne) peut prendre sa juste place dès la grossesse.

Il (ou elle) pourra faire équipe avec l’équipe le jour de l'accouchement et soutenir sa compagne et son enfant à naître.

Cet accompagnement permet aux parents et surtout à l’enfant de développer une sécurité intérieure, une estime et une confiance en lui ou elle.

L’accompagnement se poursuit après la naissance : les rencontres postnatales suivent l'enfant dans son développement et sa motricité ; les parents sont soutenus et accompagnés jusqu’à la grande aventure de la marche et au-delà pour ceux qui le souhaitent.

Réfléchir à ma pratique professionnelle, en interroger le sens, évaluer ce que je propose et me remettre en questions m’animent depuis toujours. Pour cela, je me fais accompagner par des psychologues ou des professionnels de santé qui partagent une vision holistique de la santé et qui peuvent m’accueillir avec mes doutes et mes questionnements pour mettre en lien les difficultés, trouver du sens et avancer.

J’ai un plaisir certain et une facilité à accompagner des professionnelles de santé, à l’occasion de leur installation, en formation (d’haptonomie ou d’acupuncture) ou lors de difficultés rencontrées. Je les reçois également à mon cabinet, dans ma pratique de sage-femme. J’observe beaucoup de souffrance et de solitude et je suis désolée qu'il leur faille attendre de ressentir des désagréments physiques plus ou moins importants pour qu'on prenne soin d'elles.

J'ai animé des journées de formation dans des crèches, avec les professionnelles, ainsi que des soirées de rencontres avec des assistantes maternelles, pour réfléchir avec elles à leur pratique et leurs difficultés.

Lors de rencontres professionnelles entre pairs, on me dit souvent que j’apporte un éclairage particulier et riche.

J’enseigne l’acupuncture à la Fac de médecine, avec des groupes de 20 personnes ; je suis très attentive à chaque étudiant(e) et l'invite à oser prendre la parole pour participer et ne pas absorber un cours de façon passive, sans questionnement.

Je préfère les petits groupes où l’espace pour chacun est possible, où le lien interpersonnel est réel avec des personnes qui ont fait le choix d’être là, sans obligation.

Je chante dans un groupe vocal depuis plusieurs années et je suis toujours attentive à ce que chacun(e) soit entendu(e) et respecté(e) dans ses attentes.

J’aime animer des rencontres avec des enfants, pour créer et rebondir à partir de leurs aspirations et parvenir à une certaine harmonie ensemble en permettant que les forces en présence s’équilibrent, tout en maintenant le cadre et l’objectif visé.

Lorsque j’organise des rencontres de parents, de professionnels de santé intéressés par la naissance, j’aime interroger le sens, être attentive à ce que la parole de chacun et chacune soit entendue et faire émerger la solution, la clef ou le questionnement du groupe ou de la personne, à partir de fondamentaux repérables par tous, en maintenant le cadre (espace accueillant, thème de la rencontre, équité de temps de parole, horaires…).

Une amie gynécologue, en supervision de groupe avec un psychanalyste, m’a partagé comment ces rencontres étaient essentielles pour elles, dans son exercice professionnel. 

Je m’étonne souvent que certains professionnels en souffrance ou accompagnant des situations souffrantes, comme dans le psycho-social, ne soient pas accompagnés. J’observe leurs frustrations, leur impuissance et parfois leur aigreur, les rendant parfois désabusés.

J'ai eu la chance de pouvoir accompagner mes beaux-parents, pendant 2 ans à notre domicile, alors qu'ils devenaient dépendants, jusqu'à leur fin de vie dans nos bras. J'ai rencontré, des professionnels de santé (aides à domicile, infirmières, médecin, pharmacienne) humainement épatants, qui ont su nous soutenir avec justesse dans les moments difficiles mais nous avons également été confrontés à des personnes démotivées, sous pression, en manque de reconnaissance, ne trouvant pas de sens dans leur travail, qui étaient incompétentes et maltraitantes.

J'ai le souhait aujourd'hui de proposer à tous ces professionnel(le)s du santé un soutien nécessaire à leur pratique.

Le désir d’animer des groupes de soutien autour de l’analyse professionnelle pour les sages-femmes m’anime depuis déjà 10 ans mais j'avais le besoin de trouver un espace sécure, neutre, non concurrentiel, sans relation de pouvoir, pour échanger librement. La supervision, que j'ai découverte il y a 4 ans et à laquelle je me suis formée, me donne cet espace là.

J'accompagne des mères et des grands-mères, à l'occasion de soins à mon cabinet ainsi que des couples avant et après la naissance, avec leur enfant, pour soutenir leur parentalité. Je reçois également des familles en souffrance, débordées par les cris, les frustrations, la culpabilité, l'épuisement. J'observe beaucoup d'insécurité dans certaines familles isolées où les parents et les enfants semblent manquer de repères et de confiance.

Quand c'est difficile à l'extérieur, que l'avenir est incertain, la surprotection parentale semble une réponse vivante mais elle nourrit les peurs, paralyse, enferme et empêche la réalisation de soi. Certains parents ont du mal à trouver leur juste place, d'autres se sacrifient en croyant donner le meilleur d'eux-mêmes, au risque de se perdre. Lorsque devenir parent est difficile, lorsque le lien mère-enfant tarde à se tisser ou que les limites, qui sécurisent, sont impossibles à poser, il est difficile de demander de l'aide et seule une écoute attentive, loin d'un "protocole éducatif" solutionniste, pourra permettre aux parents d'oser se confier et déposer ce qui leur pèse, pour mettre en lumière ce qui est difficile pour eux, afin de trouver leurs propres solutions. Je constate, avec 40 ans de recul, comment la préparation précoce à la parentalité et l'accompagnement après la naissance, facilitent la relation en famille.

C'est riche de ce cheminement et de toutes ces rencontres, que je souhaite aujourd'hui accompagner des professionnel(le)s de santé, des professionnel(le)s de la petite enfance, ainsi que des parents, dans le cadre de la supervision, en groupes de pairs ou en individuel.

J'ai l'espoir également que cette expérience vécue donnera à des professionnel(le)s le goût de se former pour devenir superviseur(e)s à leur tour et diffuser cette nécessité de questionner notre pratique quand nous prenons soin de l'autre.

J'ai co-écrit un livre qui s'intitule "naître en pleine confiance".